Découvrez les tips d’Antoine, maître-nageur sauveteur, pour une journée baignade réussie !

Rendez-vous pris avec Antoine quelques jours auparavant, nous nous retrouvons chez Judici entre deux cours d’initiation au sauvetage côtier. MNS depuis 2 ans, il est cette année chef adjoint civil à l’Amélie. Egalement membre de Médoc surf sauvetage côtier, Antoine est un passionné ! Sa petite dame blanche, pour reprendre des forces, arrive sur la table et nous commençons à discuter sécurité à la plage. Vous en avez rêvé toute l’année et vous voilà enfin les doigts de pied en éventail… L’océan et la plage sont de magnifiques étendues, symboles des vacances, mais encore faut-il bien les connaître pour en profiter sans risque. Pour cela Antoine sauve aussi vos vacances et vous livre ses « trucs et astuces » pour rester serein tout l’été !

L’arrivée à la plage

Tout d’abord il faut se baigner sur les plages surveillées !  A Soulac, vous aurez l’embarras du choix avec 3 postes pour 4 zones de surveillance ouvertes de 11h à 19h. Et dans toute la destination Médoc Atlantique vous trouverez près de 30 plages surveillées pour profiter sans risque ! 

La conduite à tenir à l’entrée des plages c’est tout d’abord de regarder les panneaux en haut des caillebottis. Un plan dessiné à la main vous expose la zone de surveillance, le façonnage de la plage et donc l’emplacement des flammes bleues et rouges. Rappel utile : bleu bien / rouge pas bien ! Cette carte d’identité de la plage change chaque jour et permet de prendre connaissance des courants dangereux, des épis rocheux, des heures de marées, de la température de l’eau et des dangers éventuels. Et cela peut être très spécifique comme, dernièrement, le vent de terre qui rendait l’eau lisse et calme mais qui poussait les bouées vers le large. Il faut donc prendre le temps de lire ces indications et surtout privilégier les plages surveillées qui permettent l’intervention plus rapide des équipes de surveillance.

Deuxième étape, avant même de faire le grand saut dans les vagues, soyez bien conscient de votre forme physique. Si vous nagez peu tout au long de l’année, évitez de tenter le coup de la bouée pour épater tout le monde ; ) Ecouter son corps est le maître mot que ce soit dans l’eau ou sur votre serviette ! D’ailleurs le corps peut vite souffrir quand il fait très chaud … Et plus particulièrement les pieds ! Tongs ou pieds nus, votre cœur balance souvent pendant que la plante de vos petons brule ! Et bien sachez premièrement que les caillebotis de descente sont essentiellement là pour vous éviter cette souffrance. N’avez-vous pas remarqué qu’en plus de vous aider à gravir les dunes, ils conduisent droit vers les douches bien souvent ? L’astuce consiste donc à se mouiller les pieds avant de vite trouver le meilleur spot pour poser sa serviette.

Une fois installé vient le moment de planter le parasol… Et là il y a plusieurs écoles. Bien entendu il faut se protéger du soleil, mais il ne faut pas oublier le vent. Si la prise est trop forte votre parasol peut vite se transformer en danger s’il s’envole en votre absence. Pour éviter la scène et le sprint, Antoine conseille de creuser un trou assez profond, jusqu’au sable humide, d’y planter le pied et de recouvrir le tout en tassant bien. Ce n’est qu’après cette étape que vous pourrez déployer votre partenaire fraîcheur. D’ailleurs qui dit fraîcheur dit aussi hydratation ! Et pour ne pas finir avec une eau plus chaude que votre thé du matin l’astuce d’Antoine est aussi d’enterrer votre bouteille d’eau préalablement enveloppée d’un linge pour éviter que le sable ne se dépose sur le goulot. Et oui personne n’aime quand ça croustille !

 

La baignade et les Baïnes

Vous voilà enfin prêt à foncer dans l’océan ! Mais maintenant que vous avez lu le panneau d’entrée, il faut suivre les indications à la lettre. Alors oui, certaines vagues peuvent être impressionnantes dans les zones de baignade, mais comme aime le rappeler Antoine :

« Si pas de vagues, pas de bancs de sable et si pas de bancs de sable cela signifie Baïne ! »

Mais une baïne, quèsaco ?  Décryptons grâce à Antoine ce phénomène bien connu sur les plages de Médoc Atlantique. Tout d’abord le mot vient du gascon et signifie petites bassines. Celles-ci sont en fait des cuvettes d’eau sculptées par les mouvements du sable en bord de plage. A la moitié du cycle de la marée, généralement les trois dernières heures à la descendante et à la montante, les vagues passent le banc de sable et remplissent la baïne. Elle se vide donc épisodiquement par son unique chenal en créant un fort courant latéral vers le large. 

Une fois pris dans ce courant vous pouvez dériver d’un mètre par seconde voire plus… Un courant contre lequel il est impossible de lutter et voilà ce que vous conseille Antoine si vous vous faites emporter. Ne jamais tenter de regagner la plage à la nage au risque de vous épuiser, de paniquer et de vous noyer ! Laissez-vous emporter même si cela est impressionnant. Economisez-vous au maximum et signalez votre présence aux maîtres-nageurs qui vous repèreront sans difficulté du haut de leur mirador. Pour les plus jeunes, en âge de nager sans bouée ou brassard, il ne faut pas hésiter à les sensibiliser au phénomène dès leur plus jeune âge. Apprenez-leur à faire la planche et à ne surtout pas avoir peur de l’eau.

Si vous suivez les règles, vous devriez éviter ce danger. Mais comme moi, avant de rencontrer Antoine, vous vous dîtes que les zones surveillées avec leurs vagues qui claquent font tout aussi peur ?  Sachez que votre sécurité réside dans l’art de passer la vague comme un canard. Oui oui, un canard ! Pour cela, il faut plonger en dessous, les bras en pointe, pour sortir de ce qu'on appelle « la machine à laver ». Une fois le tourbillon passé, laissez-vous aller, votre corps remontera tout seul.

 

Le soleil

Si la mer peut sembler dangereuse il faut aussi vous méfier du soleil. Pour éviter certains désagréments, Antoine préconise donc d’éviter de s’exposer de 12h à 16h. Préférez pour cela une visite, une balade à vélo ou même une petite sieste ? Si malgré tout vous venez à souffrir de celui que l’on attend toute l’année il faut toutefois bien identifier les causes et symptômes.

Les coups de soleil seront dus à une exposition trop longue et sous mauvaise protection. Pensez bien à opter pour un indice élevé pour votre crème solaire au début de votre séjour. Bien sûr même si vous optez pour la version « waterproof » il faut renouveler le « tartinage » après chaque bain. Bien sûr, chapeaux et t-shirts sont vivement recommandés. Le soir pensez à bien hydrater votre peau. Pour cela Antoine a quelques recettes de grand-mère comme l’Aloe Verra ou même le yaourt. Fraîcheur et fous rires garantis ! Le coup de chaud peut quant à lui arriver très vite et dès votre installation à la plage. Pour retrouver vos esprits regagnez une zone d’ombre et hydratez-vous bien. Les MNS y sont habitués et vous accueilleront au poste pour vous aider à reprendre du poil de la bête ! L’insolation est aussi fréquente et nécessite que vous fassiez rapidement baisser votre température corporelle. Allongez-vous dans un endroit frais et ombragé et buvez de l’eau, par petites quantités, mais très régulièrement pour éviter les nausées.

Les petites bêtes

En France, la plupart des méduses ne sont pas dangereuses en dehors des physalis, très rares, et dont la présence implique une fermeture des zones de baignade. En cas de piqure rincez abondamment la plaie avec de l'eau de mer ou du sérum physiologique et bannissez l'eau douce sous peine de raviver la douleur. Les vives, très répandues sur la côte Atlantique sont plus malines. Elles se cachent souvent sous le sable et vous risquez de marcher sur leurs épines dorsales. Une douleur vive parcours le pied et l’engourdissement suit fréquemment. Mais pas de panique ! Antoine et ses collègues sont des experts et vous plongeront le pied dans une bassine d’eau bien chaude pour extraire le venin.

Les enfants

Ne les laissez pas jouer seul près de l’eau et accompagnez-les à chaque fois qu’ils souhaitent se baigner. Equipez-les de brassards adaptés à leur âge et à leur poids tout en vérifiant bien la reconnaissance NF et la norme NF 13138-1. Si vos enfants échappent à votre surveillance, ce qui arrive plus fréquemment qu’on ne le croit, pas de panique ! Rendez-vous au poste le plus proche, les MNS feront un message. Pour info Antoine me rappelle un reflex naturel chez nos bambins. Eblouis par le soleil ils ont tendance à s’éloigner dos à sa lumière.

Enfin sachez que les plages de Médoc Atlantique sont nettoyées chaque matin mais il arrive que vos petons souffrent à cause d’éventuels déchets sournoisement enfouis dans le sable. Si les maîtres-nageurs sauveteurs sont là pour vous soigner, la meilleure marche à suivre reste de venir à la plage avec un sac pour ramasser ce que d’autres visiteurs ont jugés bons de laisser trainer…

Après cet saison 2017, Antoine part en Australie pour obtenir des diplômes plus professionnalisant et pour apprendre chez les experts du sauvetage côtier. D’ici là, il s’assurera, tout l’été, que votre tribu passera des instants inoubliables et #oceanesque sur les plages de Médoc Atlantique !