J'ai testé pour vous ce sport méconnu !

Ils ne sont que dix-huit instructeurs de polo assermentés en France et Médoc Atlantique a la chance d’avoir Jérôme, qui baigne dans ce sport depuis son enfance. J’ai donc décidé d’aller à sa rencontre et d’essayer sa passion !

Situé à l’entrée de Vendays-Montalivet, le centre équestre de Clavières est immense. Me voyant arriver Jérôme vient à ma rencontre et me propose un café pour échanger quelques mots avant de passer à l’action. Il m’explique que c’est avec son père, ambassadeur d’Angleterre en Inde, qu’il a découvert le polo. Dès l’âge de 5 ans il assistait à ses premiers matchs lors desquels il pouvait croiser le Prince Charles !  Passionné d’équitation, il a très vite été piqué par ce sport et a eu la chance de le pratiquer en Inde, en Angleterre et en Ecosse avant de tomber amoureux du Médoc.

 

Pourquoi Vendays-Montalivet d’ailleurs ? 

Installé pendant 10 ans dans le Berry avec sa propre ferme, Jérôme a toujours cherché à se rapprocher de l’océan. Puis, il a fait la rencontre de l’ancien propriétaire des lieux qui partait en retraite.  Celui-ci lui a alors vendu son terrain et une belle amitié en est née. Des prairies à 8km de l’océan, séparées par une forêt sauvage et paisible quelle que soit la saison, c’était le rêve de mon professeur du jour. Petit plus, le sol sablonneux est parfait pour le polo car il est plus doux pour les pieds des chevaux et il permet parfois de jouer toute l’année.

Mais le Polo ça vient d’où ?

On ne sait pas exactement de quand date l’apparition du polo mais les historiens s’accordent pour l’inscrire il y a quelques 2500 ans chez les peuples cavaliers des steppes de l'Asie Centrale, entre Chine et Mongolie. Ceci fait de ce sport le premier jeu de balles et de maillet du monde et peut-être même le plus ancien des sports d'équipe. Mais c’est bien plus tard, en 1859, et grâce au lieutenant Joseph Sherer, que le polo traversa les frontières pour être codifié en Angleterre.

La passion pour ce nouveau sport traversa l’Atlantique pour gagner l’Argentine, aujourd’hui meilleur pays au monde dans cette discipline. En France, le premier match se joua à Dieppe en 1880. Le sport connu par ailleurs de grandes heures au début du XXème siècle à Bordeaux.

Dès son apparition il fut considéré comme l’art des meilleurs guerriers, puis celui des rois et des princes. Le polo a donc bien souvent, dans les consciences collectives, une image de sport élitiste. Mais est-ce le cas ? Voici une des raisons qui m’ont poussé à aller découvrir et m’essayer à l’activité favorite du Prince Charles.

 

En action !

Du coup trêve de bavardage, c’est parti ! Jérôme me présente Tatiana, ma jument argentine, et m’amène à la sellerie récupérer une bombe, ça peut servir, une selle et des rennes. L’odeur du cuir me rappelle les promenades en poney de mon enfance… Mais attention au polo il faut du matériel de choc ! Tout est renforcé, voir doublé, pour éviter la casse durant les matchs.  

Les règles ? Jérôme me les explique en marchant en direction du manège. On joue au polo à deux équipes de quatre d’abord. L’objectif étant d’envoyer une balle en plastique dans le but adverse à l’aide d’un maillet, il est donc l’heure de tester mon coup de main !

Là je dois avouer que l’absence de salle de sport s’est faite sentir après quelques tentatives…  Majoritairement utilisé le coup droit, permet de taper la balle vers l’avant avec le bras droit. Et oui amis gauchers, il faudra jouer à la droitière car c’est une des règles du Polo !

Pour les revers, il faut passer le maillet au-dessus du cheval en croisant le bras sur soi. Ok ça se complique et je suis encore à pieds … Le back est enfin un coup qui permet d’envoyer la balle derrière soi et est donc très utile pour éviter que l’adversaire se rapproche du but.

Parlons-en de l’adversaire…  Deux techniques permettent de contrer ses actions. L’accrochage, assez énervant, consiste à bloquer le maillet de celui-ci. Le marquage, beaucoup plus impressionnant, implique de pousser le cheval adverse loin de la balle… Mais attention s’il y a bien une règle d’or au Polo c’est de ne jamais couper la ligne de la balle. Ce qui signifie passer avec son cheval sur la trajectoire tracée par celle-ci.

Tous ces mouvements impressionnants ne font cependant pas mal, ni au cavalier ni au cheval, s’ils sont bien réalisés. Il s’agit aussi de faire confiance à sa monture et de regarder devant soi et jamais son encolure. Les chevaux ce sont les stars alors il faut les choyer. D’ailleurs les matchs sont divisés en quatre à huit périodes, ou chukkas, n’excédant pas 7 minutes 30. Cela permet en effet de changer de cheval pour ne surtout pas les épuiser.

Vient enfin le moment de monter en selle… Je fais un premier essai dans le manège et finalement je me laisse happer par le jeu. J’oublie presque que je suis sur un cheval quasiment pour la première fois de ma vie. A ce moment-là on veut juste taper cette fichue balle qui colle au sable !

Voyant que tout se passe bien, Jérôme ne perd pas une minute et nous voilà partis pour le match !

Déjà ?????!!!!

Et oui le Polo s’apprend vite et, si l’on est à l’aise avec sa monture, on peut tout de suite trouver ses marques. Et puis les juments sont tellement adorables… Il faut savoir que Tatiana a été dressée deux années exclusivement à la pratique du polo, et finalement, elle a presque joué à ma place pour certains coups. Une vraie pro mon argentine.  

Sur le terrain en herbe, on utilise une plus petite balle, beaucoup plus dure, et qui va beaucoup plus loin. Enfin quand j’arrive à la toucher. C’est le plus dur je trouve. Mais Jérôme est sympa il me laisse gagner et marquer mon premier but !

On termine le match et mine de rien j’ai les muscles qui tirent un peu … Avis à ceux qui voudraient trouver un sport complet le Polo c’est génial ! En plus d’être facile et convivial c’est un sport que je re-pratiquerai avec ma famille ou des amis, c’est certain !

En revanche prévoyez un bon massage le soir…

D’ailleurs Jérôme, tu te souviens de notre discussion polo / spa ? Et bien je suis pour à 100% !