Dans ma quête spirituelle de la glisse j’ai poursuivi mon approche théorique du surf à travers une belle rencontre. Par procuration, toujours partisane du moindre effort, j’ai découvert la compétition à travers le récit et l’ambition d’un espoir du surf français : Téva Bouchgua.

Prêt à s’envoler pour les mondiaux ISA de surf au Japon, c’est un grand gaillard de 16 ans, faisant deux fois ma taille, qui se présente ce jour-là. Timide, mais ravi de partager son expérience, le prodige me raconte son parcours. 

Licencié au Lacanau Surf Club, Téva est fier de partir représenter la France et plus particulièrement la Gironde et le Médoc, dans une compétition internationale. Championne du monde en 2016 aux Açores, l’équipe de France partait effectivement, quelques jours après notre entrevue, défendre son titre sur les vagues d’Okuragahama beach au sud du Japon. A trois ans des JO de Tokyo, où le surf sera une grande première, l’occasion est magnifique pour Téva, qui pourrait faire partie de la relève des Jeux de 2024.

Trop curieuse de savoir ce que c’est d’être un surfeur en pleine ascension j’ai vite changé de sujet, pour ne pas le stresser et surtout découvrir ses petits secrets. 

C’est à l’âge de 3 ans que Téva découvre les vagues à Carcans-Plage. Très vite, encouragé par ses parents, il part taquiner les tubes internationaux et notamment ceux de La Réunion, de l’Australie, d’Hawaï, du Maroc, du Panama, d’Afrique du Sud, de Guadeloupe…

Et il a bien fait car ils sont tellement nombreux à vouloir percer qu’il ne faut pas hésiter à changer de spot pour se faire repérer. Et il y a de sacrés avantages ! Soleil toute l’année, découverte de nouvelles cultures, rencontres… A 16 ans que demander de plus ??

Devenir pro bien sur ! Mais ça, ça se gagne et Téva il en a parfaitement conscience. Adieu les sorties entre potes et la vie d’adolescent classique. Il faut savoir être rigoureux et solitaire mais ça, Téva il sait faire ! Il prend ses cours à domicile pour jongler plus facilement entre les études et le sport. D’ailleurs, s’il ne réussit pas en tant que surfeur pro, il sait déjà qu’il restera dans ce domaine. Pourquoi pas travailler dans le sponsoring par exemple. Quel que soit son avenir il peut compter sur le soutien de sa famille, baignant elle aussi dans le surf. Son père est un coach de pointe tandis que sa mère intervient dans sa préparation physique.

Ambitieux et objectif, il sait aussi que les marques jouent un grand rôle dans la reconnaissance des surfeurs. Sans elles pas d’équipement de pointe mais en même temps il faut savoir les attirer. Et là tout se joue désormais sur les réseaux sociaux avec la production de contenus : photos, vidéos, interview… Et Téva adore ça ! Avant il réalisait même ses vidéos tout seul.

Le monde du surf est effectivement de plus en plus sujet à une concurrence permanente. Pour autant Téva aime voir les jeunes générations progresser et me confie :

« Je me dis qu’ils seront peut-être plus forts que moi et j’aimerais les voir y arriver ».

Beau joueur il n’est pour autant pas prêt de laisser son avenir lui glisser des mains. L’équipe de France est difficile à conquérir et fait partie des équipes en tête fréquemment.

L’occasion de notre interview est trop belle pour parler de son avenir et des Jeux Olympiques et là encore Téva m’épate. Pour lui ce serait un beau challenge que de surfer pour la France mais qui plus est, sur les terres de son enfance puisque la commune de Lacanau est candidate pour les épreuves de surf. Pour autant il envisage surtout l’événement comme une chance hors norme pour le médoc mais avant tout pour la France ! 

Pour finir cette entrevue, je l’interroge sur ses spots préférés et bien sur Carcans, sa ville natale, est en tête mais il finit par m’indiquer un autre spot plus secret : la plage de Saint Nicolas au Verdon-sur-Mer : au soleil toute l’année !

Avec cette belle rencontre, je peux désormais cocher une étape de plus dans une enquête qui m’emmène doucement vers la pratique… Mais si la mousse et les gamelles sont encore loin, une chose est sûre, Téva Bouchgua est a surveiller de près !

Crédits photos : @ Photos FFSurf & @ Naturagliss Picture - Mathieu Reveillas