À l’ombre des grands monuments, le petit patrimoine rural et l’architecture des villages de Médoc Atlantique n’ont pas moins de belles histoires à vous raconter. Les villas soulacaises vous parlent de la Belle-Époque. Le Moulin de Vensac écarquille les yeux des enfants. Parmi les six phares du territoire, le Phare de Cordouan est le dernier au monde encore habité. Et les églises romanes portent le sceau de la grande histoire de France… comme d’anecdotes plus croustillantes qui nourrissent encore des querelles de clocher !
Les églises
Des églises romanes
Bavardes en histoires et anecdotes
À Médoc Atlantique, chaque église a une histoire singulière. À Soulac-sur-Mer, la basilique Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres, inscrite au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO, vous parle d’un temps où le village était totalement ensablé. À Saint-Vivien-du-Médoc, la restauration contemporaine du clocher ne laisse aucun observateur de marbre ! Quand la chapelle Saint-Jean-Baptiste de Grayan-et-l’Hôpital, qui date du XIIe siècle, rappelle à ses visiteurs l’histoire des Templiers et des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Construit en 1800, puis remonté pierres par pierres 2 km plus loin en 1858 suite à un mariage, cet adorable moulin à vent a le charme suranné des comptines de notre enfance. Il fut mis en sommeil lorsque son propriétaire est mobilisé durant la Seconde Guerre mondiale, puis a remis les voiles en 1982 pour le grand bonheur des touristes et amoureux du patrimoine rural. Godets, vis sans fin, tamis, engrenages, tout fut aménagé pour optimiser la productivité en farine du moulin.
Aujourd’hui fermé à la visite, il reste néanmoins un passage obligé et insolite de vos vacances !
Les phares nourrissent fantasmes et légendes depuis des siècles… Médoc Atlantique a la chance d’en compter six entre terre, océan et estuaire, dont le dernier au monde encore habité, le célèbre Phare de Cordouan. Un patrimoine précieux, qui offre également des panoramas exceptionnels sur l’Estuaire.
Le Phare de Cordouan, le Versailles des Mers
Achevé en 1611, surélevé en 1790, son accès en bateau est déjà un impressionnant périple ! Il est le dernier phare gardienné au monde : ses deux gardiens y restent entre une et deux semaines selon la saison. Inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO en juillet 2021 : sa visite est un incontournable. Comptez 4h environ pour son accès, au départ en bateau du Verdon-sur-Mer.
Informations pratiques : 67,5 m / 301 marches / ouvert au public / Le Verdon-sur-Mer
Allumé en août 1860 pour matérialiser la pointe de Grave, il sert d’alignement dans le chenal. Il accueille aujourd’hui le fabuleux Musée du Phare de Cordouan et des phares et balises. L’entrée est à petit prix : une bonne alternative pour découvrir le monde des phares, si le temps vous manque pour visiter Cordouan.
Informations pratiques : 34 m / 107 marches / ouvert au public / Le Verdon-sur-Mer
Le Phare de Richard, à la découverte de la vie estuarienne
Il est construit à l’époque où le chenal de navigation passait près des côtes girondines. Il n’est plus en activité depuis les années 50, mais il abrite un passionnant musée de la vie estuarienne et offre une vue imprenable sur l’estuaire.
Entrée : 3€ / 2,50€ pour les groupes (10 personnes et +) / gratuit -10 ans
Informations pratiques :18 m / 63 marches / ouvert au public / Jau-Dignac-et-Loirac
Hauts de 27 m et espacés de 200 m, ils étaient équipés de feux fixes pour ne pas être confondus avec Cordouan et le phare du Cap Ferret, aidant ainsi les marins à savoir qu’ils se trouvaient entre la pointe de l’Estuaire de la Gironde et le Bassin d’Arcachon.
Informations pratiques : situés à Hourtin, ils ne se visitent pas, mais sont l’occasion d’une belle balade à vélo au milieu des pins.
Allumé en 1873, il formait un alignement aidant les marins à pénétrer dans l’Estuaire de la Gironde. Il est aujourd’hui automatisé grâce à des panneaux solaires.
Informations pratiques : 12,35 m / non accessible au public / Le Verdon-sur-Mer
JEAN-MARIE CALBET, SPÉCIALISTE DES PHARES, VOUS RACONTE LA VIE DES GARDIENS AUTREFOIS…
Cordouan était totalement isolé en pleine mer, mais les gardiens étaient toujours deux au minimum. Ils étaient coupés des terres et de leur famille pendant des semaines, surtout en cas de tempête. Le Phare de Grave est typique d’un phare à terre, avec ses maisons de gardiens autour : leurs familles habitaient avec eux. Richard est un mélange des deux, une « maison-phare » où le gardien vivait avec sa famille (jusqu’en 1953) mais isolé du reste du village. Dans une moindre mesure, c’était aussi le cas d’Hourtin : il fallait traverser le lac à la voile pour atteindre le phare principal. Un vrai péplum qui n’était pas sans risque !
Jean-Marie Calbet
Spécialiste des phares
Villas Soulacaises et Canaulaises
Patrimoine arc-en-ciel de la côte Atlantique
Si vous vous promenez dans le vieux village de Soulac-sur-Mer, vous serez probablement surpris par l’architecture très particulière des maisons autour de vous. La station balnéaire est en effet surnommée la « ville aux 500 villas », en raison du style unique des villas soulacaises construites à la Belle-Époque. Les plus anciennes villas soulacaises ont une architecture proche des chalets de montagne. Mais la majorité, construite après l’arrivée du train en 1874, sont de style mauresque et néo-colonial, une mode qui se déploie sur la côte Atlantique tandis que les bains de mer font fureur auprès de la riche bourgeoisie.
Colorées, ornées de détails originaux évoquant souvent la mer ou traduisant les rêves d’évasion exotique de leurs premiers propriétaires, elles dévoilent tout leur charme d’époque à l’occasion d’un événement incontournable, Soulac 1900.
Lacanau aussi possède un quartier avec de typiques villas mauresques dites canaulaises, héritées de cette même mode des bains de mer arrivée quelques années après Lacanau. Amusez-vous à les débusquer tout seul, ou bien suivez un topo guide fourni gratuitement par l’Office de Tourisme pour les trouver.
La basilique Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres : trésor historique
Les carrelets
Emblèmes de l’estuaire
En balade au bord de l’estuaire, de ports en ports, vous tomberez forcément sur eux. Les carrelets sont de petites cabanes de pêcheurs en bois, carrées, au large filet de pêche suspendu au-dessus de l’eau. C’est d’ailleurs à ce filet nommé carrelet qu’ils doivent leur nom.
Ils donnent aux rives de l’estuaire un charme authentique et singulier.
Des siècles d’histoire se nichent dans les trésors bien cachés du patrimoine médocain.
Sites archéologiques
À Jau-Dignac-et-Loirac, lors de travaux agricoles en 2000, on a découvert le site archéologique de la Chapelle. Vous apercevrez quelques fondations au sol, grâce à des travaux de mise en valeur réalisés en 2016. Une maquette grandeur nature vous donne également une idée de ce qui fut ici un temple gallo-romain, une église funéraire et la chapelle Saint-Siméon.
Secrets bien gardés des templiers
Un « monument du Temple » à Saint-Vivien-de-Médoc évoque aussi la mémoire d’une chapelle templière ayant appartenu à l’Ordre de Malte, dont les membres dépendaient de la Commanderie d’Arcins. Des documents historiques évoquent la présence de neuf commanderies dans le Médoc au XVe siècle. Si l’histoire des Templiers vous passionne, ne manquez pas de visiter le Château Le Temple de Tourteyron : les propriétaires vous montreront d’incroyables vestiges retrouvés lors de récentes fouilles. Passionnant !
Bunkers de l’atlantique
L’Histoire s’écrit aussi sur les plages de la côte atlantique. Sauvages et authentiques, leur quiétude a pourtant été troublée durant la Seconde Guerre mondiale. Observez les bunkers encore échoués sur le sable : ce sont des vestiges du Mur de l’Atlantique, une ligne de défense construite par les troupes allemandes qui craignaient une invasion de l’armée américaine par l’océan. Aujourd’hui, ils sont la toile de talentueux graffeurs.
Galerie
Pour aller plus loin
Site Archéologique de « la Chapelle Saint Siméon »
Château le Temple
Les Bunkers du mur de l’Atlantique
Visite des Bunkers (sur réservation)
C’est quoi cette épave ?
Découvrez l’histoire méconnue du Cantabria à Lacanau
Depuis quelques années, à marée basse, on observe les étranges vestiges d’une épave de bâteau sur la plage à Lacanau. Il s’agit du Cantabria, un navire espagnol échoué en 1937 durant la Guerre d’Espagne, qui a marqué les mémoires collectives canaulaises. À son bord, 497 réfugiés républicains espagnols, enfants et adultes, qui seront secourus et ravitaillés par les Canaulais. Le navire fut d’abord détruit par les flots, mais une série de tempêtes a redéposé sur le sable il y a une dizaine d’années la carcasse de l’épave. Rappelant le bel élan de fraternité qui s’est noué à Lacanau.